Accueil Date de création : 06/02/08 Dernière mise à jour : 14/02/10 23:57 / 226 articles publiés
 

70 secondes de guitare pour calmer mes p'tits nerfs, aï de Diou !....  (Rétro perso) posté le mardi 13 octobre 2009 19:23

 

Ce n'est pas joli quand je décide d'empoigner le gratton. J'entends déjà mon JChé crouler sous les rires depuis sa Seigneurie de Mazargues. Le son bourdonne pourrave, rien n'est accordé, une petite minute d'impro bien nulle... D'un autre côté, je ne peux pas m'en vouloir d'avoir tout oublié, puisque je n'ai jamais rien appris. Je ne sais pas si je fais un do, un ré, un sol. Je pose mal mes doigts sur le manche, ça sonne gourd, mais c'est fendard de voir une patte gauche tressauter ainsi après une journée doom metal...

lien permanent

Les mille et une Afrique de Serge Diantantu.  (Couleurs, magie et turbulences) posté le samedi 10 octobre 2009 22:10


 

"Sabu" est une composition de Victor Démé, enregistrée en 2008 sur son premier album. Entre le Burkina faso, la tradition et le blues des premiers jours, cet artiste promène 30 ans de carrière derrière lui. Le magnifique solo de guitare électrique est signé Issouf Diabaté. On entrevoit ici le cri, l'amour, la douceur d'embrasser, dans l'ombre infime des manguiers

 

Samedi dernier, on a décidé d'arpenter en famille les allées du salon de la bande dessinée, à Vitry-le-François. Pour sa 5ème édition, "Bulles en Champagne" avait réuni un large plateau d'auteurs multistyles, dans une ambiance conviviale et lumineuse, c'est ici une tradition, une question de principe. Au coin des tables, nous sommes tombés sur Serge. Le grand, le fantastique Serge Diantantu. Bien nous a pris de venir fureter dans ces travées : voilà le genre de rencontre qu'on ne fait pas tous les matins.

 

Image Hosted by ImageShack.us

   Le bateau de la traite (dessin publié sur le site internet de Serge Diantantu). 

 

Serge est né au Congo. Il porte en lui les couleurs, les sons et les mots de l'Afrique. Il a d'abord travaillé le bois, sculpté des meubles raffinés, avant de  tourner son regard vers les Beaux-Arts, là-bas, à Kinshasa. En 1981, l'aventure européenne l'a projeté au coeur des grandes plaines céréalières, à deux pas du village de ma famille. Je ne vous le dirai jamais assez : Il n'y a pas de hasard.

 

Image Hosted by ImageShack.us
   Serge Diantantu (photo publiée sur son site internet).  

 

Serge a roulé sa bosse. Décorateur pour la SFP par la force des choses, il s'est frotté à l'image, au son, au montage. Cela lui a permis d'infléchir son parcours en l'engageant de toutes ses forces dans la cause des hommes, au sens le plus large. Combattre le sida qui ravage sa terre natale. Combattre l'oubli en revisitant l'esclavage. Combattre le malheur en soutenant les femmes battues, spoliées, violées, et en ranimant les portraits des grandes figures féminines du continent noir. L'ONU a soutenu son travail. C'est le juste retour des choses.

 

Image Hosted by ImageShack.us

  La rue africaine (dans l'album "La petite Djily et Mère Mamou" - 2008). 

 

J'ai devant moi un être exceptionnel. Serge est d'une gentillesse hors du commun. J'ai l'impression de le connaître depuis très longtemps. Il me parle de son oeuvre en y mêlant sa vie d'homme. Il m'explique d'où vient la scène du camion en panne. Il me décrit son passage au salon de la BD en Polynésie, les yeux brillants de joie et d'humour. Il aime raconter des histoires, la sienne, celle de ses personnages, celles de ses frères esclaves des siècles d'avant, le pourquoi, le comment. Son obsession est d'approcher la justice, de faire un pas de plus, même minuscule, vers le bonheur. Il prend le visage de l'humanité toute entière, concentrée en touches de couleurs vives.

 

Image Hosted by ImageShack.us
Le marché africain (dans l'album "La petite Djily et Mère Mamou" - 2008).

 

Le dessin de Serge est fascinant. Son style a un nom officiel : le mindélô. L'explosion des teintes franches saute au visage. On pourrait croire que ce canevas est trop facile, empreint de naïveté. C'est justement l'inverse. Les cadrages subtils, les arrières-plans lourds de sens, les expressions des enfants et des grands, les rebondissements de sa palette mosaïque résultent d'une analyse foudroyante des situations.

 

Image Hosted by ImageShack.us
   Pour ne jamais oublier (dessin publié sur le site de Serge Diantantu).  

 

Monsieur Diantantu est bien un fils du sol d'Afrique. Son coup de crayon sort du ventre des tropiques. Il explore cet univers pour nous le traduire avec une étonnante acuité du trait. Son monde est violent et tendre à la fois. Il nous touche d'autant plus aisément que l'Europe est devenue sa deuxième patrie. A ce propos, il m'a avoué un détail parlant : lorsque l'inspiration le trahit, que les teintes du Congo semblent s'évanouir derrrière le pinceau, il va sous les flèches de la cathédrale de Chartres. Et pan ! Le souffle revient. Oh, comme j'aime à penser que Serge l'Africain et les bâtisseurs de l'Occident médiéval se croisent ainsi, pour le meilleur, à 8 siècles d'intervalle !...

 

  http://www.sergediantantu.com

lien permanent

Un samedi soir sur la Terre (indienne).  (Ready for Country) posté le jeudi 08 octobre 2009 18:36


 

  "Anywhere Is Better Than Here" : une composition de Mary Karlzen et Mark Scandariato, sur l'album Yelling At Mary sorti en 1995. 

L'orage a déchiré le ciel de Page. Des trombes d'eau chaude font encore fumer l'asphalte dans les rues de la petite ville. Comme tous les week-ends au bord du Lac Powell, les Californiens ont déboulé avec leurs gros bateaux étincelants. Les motels sont blindés de colosses à belles lunettes. Et nos enfants déjà endormis, harassés par une  longue journée de route à travers les pierrasses éblouissantes. Thierry me propose de faire un saut au Windy Mesa. C'est un bar à guitares presque mythique dans ce coin d'Arizona, sorti de terre avec la cité, en 1960. Thierry connaît bien ce lieu de perdition : il y est monté sur scène au début des années quatre-vingt-dix, avec un groupe de passage, pour chanter quelques standards du southern rock. On ne peut pas refuser d'aller descendre un ou deux verres de mousse dans un radeau de cette trempe, hein ?... 

 

Image Hosted by ImageShack.us
  Les jeans et la guitare de Susie, samedi 25 juillet 2009 (collec. perso) 

Un énorme ventre barre l'unique accès à la boîte. Des bras surtatoués, une barbichette, du sourire et un dollar dans le nourrain, nous voilà dans l'antre des barbares. Celles et ceux qui ont moins de 21 ans sont recalés d'office. Ici, on ne rigole pas avec la loi. Une fois entrés, nos yeux s'adaptent vite à la demi-nuit du Windy. Les alcools forts coulent à flot tendu. Les filles qui sillonnent la grande salle ne servent pas complètement nues, mais bon...

 

Image Hosted by ImageShack.us
   Le Boss assure, les compagnons suivent  -  samedi 25 juillet 2009 (collec. perso)  

Windy au coeur.

La table est toute petite, un peu poisseuse des Bud renversées. Sur la scène, un groupe Navajo laboure le terrain électrifié à la bonne franquette. Ils ont choisi un nom facile à retenir : "Native Country". Deux guitares, parfois trois, une basse, une batterie, une pedal-steel, le patron et la gamine chantent tour à tour. Tous Indiens, sauf la gamine justement. Susie est trop belle. Serrée dans une paire de jeans moulants, elle donne de sa voix de gosse, avec de curieuses descentes dans les graves. C'est touchant et magique. Je retrouve certaines de ses intonations dans le phrasé de Mary Karlzen. A eux cinq, ils nous cuisinent de bonnes reprises country, rock, parfois arrosée de blues. Oh, ça joue simple, carré, détendu. Ce ne sont pas des virtuoses. Non, ce sont des musiciens de l'ombre, proches des gens, sincères, chaleureux. Un régal.

 

Image Hosted by ImageShack.us
  Sur le parquet du Windy Mesa, 25 juillet 2009 (collec. perso) 

Windy en travers.

Près des billards, un vieux chef au visage buriné est adossé contre le béton jauni. Il écoute. Il se souvient de son ancêtre chaman. Il boit. Ils boivent tous. Des quantités inhumaines de bière, de gin, de bourbon sont englouties sous les beuglées riantes. Ici, les Navajos sont à la lisière de leur immense réserve. Chaque samedi soir, ils traînent de rade en rade. Ils échouent au coin du Drive Inn chez AllBurgers, ou au Windy. Deux couples aux yeux ronds s'enlacent sur la piste, d'autres essaient trois pas de danse, beaucoup gigouillent seuls avec leurs peines. Ils nous saluent en hurlant. Thierry et moi n'avons plus qu'à lever notre bouteille à leur santé. En réponse, de larges sourires édentés. 

 

Image Hosted by ImageShack.us
   Susie, 25 juillet 2009 (collec. perso)  

 

Susie se moque de tout ça. Elle est venue vivre son art. Native Country enchaîne les morceaux sans mollir. Les gros rythmes attrapent les slows par la main. La boîte tourne. Lindsey passe et repasse devant nous, la jupe et le tee-shirt tellement trop courts !... Elle jongle avec son plateau. "Hey you guys, another Bud ?"...

 

Image Hosted by ImageShack.us
   De l'alcool et du son, 25 juillet 2009 (collec. perso)   

 

Image Hosted by ImageShack.us

Windy en rouge, Windy en blanc.

On est au fond du rêve américain. Devant nous, la musique et ses symboles. Pour un peu, en écoutant le groupe qui s'éclate, en se laissant porter par les émotions qui surgissent, on pourrait dessiner les visages de la liberté et du bonheur. Ce soir, ils sont là, bras dessus, bras dessous. Mais alentour rôdent la déchéance et la misère. Il suffit d'échanger quelques mots avec le viel homme, là-bas, du côté des billards, pour palper la profondeur des plaies. Les Navajos ont gardé leur fierté, certes, mais ils ont dû céder leur âme au diable.

 

Image Hosted by ImageShack.us
   De l'air brassé pour que la fête continue, samedi 25 juillet 2009 (collec. perso)  

Le Windy Mesa ne donne pas sur Sunset Boulevard à Los Angeles. Il se trouve aux antipodes du South Bronx new-yorkais. On est à Page, au numéro 800 de la North Navajo Drive. Pourtant, on se croit partout à la fois. Des Indiens et nous, accoudés aux mêmes doutes, aux mêmes joies, aux mêmes douleurs sur le fond. L'Amérique battra sans cesse le chaud et le froid. A la fin, rien n'est tout noir, ni tout blanc, c'est toujours le gris qui gagne.

Le groupe se remet en place pour le dernier set. Il est tard. Le Boss a descendu une chope avec des amis au bar. Les pales du ventilo s'arrêtent, repartent. Susie traverse la salle en ondoyant comme un rayon de soleil matinal. Elle est sortie grignoter un biscuit dehors, seule, sur le parking détrempé. Elle sourit en frôlant notre table de sa silhouette d'ange. Puis elle empoigne le micro pour attaquer un  vieux standard de la country music. Sa voix résonne jusque dans la mémoire des anciens. L'espace d'un souffle, elle détourne son regard pour échapper au nôtre. Ses grands yeux clairs sont embués de larmes.

lien permanent

CETTE NUIT, LA NOUVELLE MARCHANDE DE SABLE EST PASSEE. ELLE S'APPELLE MARIHA.  (Just before taking off) posté le lundi 05 octobre 2009 09:10


 

 

Cela fait plus d'un mois que le dernier album de Mariha tourne sous mon laser. Maxime est un génie pour me faire ce genre de cadeau surprise. Attaché de presse au coeur vaillant, il se bat comme un tigron pour sortir des bataillons d'artistes de l'obscurité. Je suis toujours éberlué devant la liste des gens qu'il porte à bout de bras. Des noms du monde entier que je découvre, des interviews qui s'organisent, des disques que je déguste, des sonorités uniques, primales, fantaisistes, urbaines, que je n'ai jamais entendues nulle part ailleurs. 

Image Hosted by ImageShack.us

  Encore du jour et déjà de la nuit sur la Manche (collec. perso). 

Mariha a sorti une première galette en 2006, Elementary Seeking. Jeune maman d'un petit garçon, elle n'a que 27 ans. Elle s'est installée à Schanzenviertel, tout contre le port de Hambourg cher à Lucius Komolsky. Ce morceau s'intitule "Painted". Il inaugure l'album, Another Lover, qui regroupe 13 titres au total. J'ai attendu jusqu'à ce matin, jour officiel de la sortie, pour vous le proposer en toute légalité. Sa voix, je vous laisse écouter. Ses mots, je vous laisse rêver. Ses accords, je vous laisse profiter. Moi, je me cale dans le fauteuil. Je recommence à zéro. Je ne suis plus grand chose devant la vague étale. Marée figée, ni haute, ni basse, quiétude et billes de plumes s'en reviendront de loin. Elles attendront, à mes côtés, le salto de mon Maxime et ses rondelles enchantées.

http://www.myspace.com/marihamusic

lien permanent

Et le vent dans les cheveux d'Enora...  (Just before taking off) posté le jeudi 24 septembre 2009 22:58


 

  "The Wind", une composition de Joni Harms, sur son album Let's Put The Western Back In The Country (2003). 

Joni Harms ne pourra plus quitter l'Oregon. C'est une véritable fille de l'Ouest. Enora aussi, mais elle y ajoute une pincée d'Italie et les fleurs tressées de Mahaena. Le Pacifique tendu d'azur, la Manche aux reflets verts, quel grand écart !

Ce soir, le vent a décidé de ne pas souffler sur mes plaines à batailles. Cela m'arrange pour l'instant. Il est tard, je n'ai pas envie de travailler. Notre sphère virtuelle est une curiosité. Sans jamais avoir rencontré Joni Harms, j'ai l'impression de la connaître comme une soeur. Quelques échanges de mails, les photos, ses disques, sa voix, une interview d'Isabelle, de petites nouvelles anodines et personnelles sur ma messagerie, et à la fin une vie prend forme entre les ondes. Enora aimerait peut-être cette chanson. Elle et Joni pourraient sans doute s'entendre à merveille. Même goût pour la simplicité, la nature, les chevaux au galop, l'histoire des hommes, et les repas de fête.

Image Hosted by ImageShack.us

  Le petit souffle du vent sur les cheveux de l'Ozanne, dans le pré de mes ancêtres, en Eure-et-Loir (collec. perso). 

Non, je ne connais pas plus Enora que Joni, mais j'ai envie de présumer leur connivence. Enora, c'est un épisode des hasards du blog. Mon regard étonné sur une recette, un jour, un ton différent, trois commentaires par-ci, un sourire par-là. Je découvre Alex, photographe aux angles sensibles, un papa, une maman, une grande soeur, une fille Oriane qui jongle avec le judo et les mots. Drôle d'univers que ce ouèbe à fonds multiples... Mon écran ne me donne même pas l'assurance que tout ceci est de ce monde, et pourtant.

Et pourtant l'émotion perle au coin des articles. Où qu'elle soit, qui qu'elle soit réellement, je remercie Enora pour ses éclats de douceur et ses rayons de lumière. Oui, ce ne sont que mots et photos mises en bulles. Mais rien n'est anodin quand on écoute les autres. Ce soir, je veux que le vent de Joni Harms souffle en tempête sur le petit coeur d'Enora. Pour qu'il batte, batte à pleurer de rire, comme elle aime tant. Comme elle aimera toujours. Même si, vue de chez moi, elle ne reste qu'une image, un songe scintillant dans les picotis du soleil...

lien permanent



 

fermer la barre

Vous devez être connecté pour écrire un message à chezmax

Vous devez être connecté pour ajouter chezmax à vos amis

 
Créer un blog