Il y a trois jours, Claude s'est arrêté devant ma porte. Il habite de l'autre côté de la rue. D'ici, en tapotant sur ce clavier, j'aperçois les rosiers qui grimpent à l'assaut des teintes dorées de sa maison. Il avait l'air peiné de voir bloguito et tous les autres à l'arrêt. On avait bien parlé de ça en septembre, autour de quelques bouteilles de vin de pays, mais j'ignorais qu'il venait ainsi feuilleter mes boutassons. Car les visiteurs sont impalpables, attablés puis déjà repartis. Cinquante, cent, trente, chaque jour son tour, jamais pareil. Je sais que des amis passent, la famille, des dizaines de parfaits inconnus, et maintenant le sourire d'en face.
Aujourd'hui, mon Claude, je te rassure : Chezmax ne fermera pas tout de suite. Pour fêter le retour sur la route, je t'offre même une tite photo d'un lieu que je sais cher à ton coeur. Cela me fait penser... Il faudra un jour que je parle des coups de sang du Canyon, coincé entre le vide, l'inconcevable et les Indiens.
Au fond, le Colorado scintille, "l'espace d'un instant, d'un instant seulement" - South Rim du Grand Canyon, Arizona (collec. perso)
J'y ai accolé une version remixée de "Tried So Hard". C'est une composition de Gene Clark qui date des années 1960, parue cette année sur une réédition de l'album Echoes. J'aime la sobriété et le son de ce morceau. Tout le disque est d'ailleurs extrait de la même veine. Voilà ce que j'en écrivais, il y a quelques mois, lors de sa sortie :
"Gene Clark est de ces pionniers prolixes que la frénésie créatrice du rock’n’roll a broyés tout crus. Chanteur-guitariste originel des byrds, l’angelot du Missouri a surtout explosé de talent en se rivant à la composition, imbibé d’Elvis, du Zim et des Fab Four de Liverpool. Il quitta le groupe en plein décollage, lui qui haïssait l’avion à la phobie, pour entamer une carrière solo aux embûches insurmontables. Dès l’année suivante, en 1967, il enregistre l’album Gene Clark With The Gosdin Brothers, dont le titre anglais mutera en Echoes. Aujourd’hui, les 11 morceaux d’époque sont escortés par 9 autres créations de Clark, la plupart remixés avec brio. Allons-y par un seul chemin : même sans les byrds, mais avec leur ancien bassiste Hillman et ex-batteur Clarke, la virtuosité du garçon pirouette autour de leurs péchés mignons. Les titres sont succincts, le propos novateur brasse de la joie et du questionnement, la musique captive. (...)
(Votre serviteur, dans le numéro 17 du magazine BluesAgain, juin 2009)
ET BON JEUDI A VOUS TOUS !




