Mon samedi est à l'envers. J'écoute les Hooters qui chantent "One Too Many Nights". C'est dramatique. Mais parce que j'ai une pile, haute comme ça, de dossiers à traiter avant dimanche soir ! Ben non, je ne veux pas les ouvrir, tout occupé que je suis à regarder le ciel. Les enfants tournillent sur la glace, dans le foin de la Dance Music. On flânoche. J'attrape une feuille, un stylo noir, j'écris des bouts de rien. Mieux, je me suis mis à relire les premiers articles de mon ami baba. Alors là, je n'ai plus aucun espoir de voir mes affaires avancer... Je tape du pied, j'arpente les berges du Golo, je danse, tout paraît si simple d'un seul coup...
De retour du maquis avec Ninine, un soir de juillet, dans l'anse de Fautea - Corse du Sud (collec. perso).
La Corse vue du dedans me happe à bras le plaisir. Il sait y faire, ce sacré baba ! En parlant du bout de son coeur insulaire, il nous emporte sur des sentiers secrets, le long des pentes de la châtaigneraie, en forêt, sous la neige, les pieds dans l'eau transparente. Avantage, jeu, set et match pour lui : au fur et à mesure qu'il parcourait la planète, notamment l'Afrique, il collectionnait les essences de l'humanité. De petits échantillons intimes, gardés au creux de lui. Il nous les transmet aujourd'hui en toute liberté, sans ambage, avec humour et passion. Son oeil non plus ne le trompe pas. Photos en bandoulière, chaque jour qui passe s'enrichit d'un ou deux articles débarqués de la montagne à forte tête. Je les ouvre méticuleusement, comme les flacons d'un parfum de luxe. Au bout du compte, son blog me fait redécouvrir Kalliste, une des plus belles îles de la Terre, moi qui croyais la connaître assez bien... Quelle méprisable prétention...
Alors merci pour l'arc-en-ciel, Monsieur baba ! En retour, je me tais, ajoutant seulement l'ombre de la tour de Fautea, perdue dans le ciel dantesque d'un soir d'orage corse...

