Matt Smith a sorti la guitare
en fer. Il joue seul, comme autrefois dans le Vieux Sud. On peut
l'imaginer sous un arbre tordu, forcément quand la nuit tombe. Le
bottleneck glisse sur les cordes, en chuintant. Le morceau est
d'une évidence primale. Ce qu'il dit tombe à pic, on ne peut
pratiquement pas aller contre. La vue d'ensemble prend les contours
d'une existence juste dans l'axe. On aimerait tous faire ce
qu'il chante là. On pense même que c'est trop
fastoche, ben oui... 'Simple Truths'. Sauf que des fois, à
bien y regarder...
Après, il y a les positions de
détails. Matt a la désagréable tendance à faire vibrer le micro au
plus mauvais moment. Il achaille la fin des mots dans son americain
de la Côte Est, façon garçon de café. Je vois assez
distinctement la direction générale, les lieux intimes qu'il pointe
du médiator. Pour le grain final, je me suis tourné vers mes
princesses et mon guide des anglo-saxonneries. Sabine, Julie,
Marie-Hélène et Laurent ont prêté leur oreille aux devisettes du
troubadour new-yorkais, sans être toujours d'accord sur la
dernière rondelle avant la virgule. Qu'importe, je les
remercie de tout coeur. Je ferai mon potage de leurs judiceux
conseils...

Au dessus des Vosges, un
soir dans la vie, comme ça. (collec.
perso)
Ne prends pas
plus que tu ne peux offrir - Matt met Dieu dans le coup, il assure qu'Il
nous l'a dit.
Ne te
détourne jamais de ton meilleur ami -
C'est le seul qui restera
peut-être avec toi, à la fin.
Ne sois pas
trop fier de tomber amoureux - Oui, cela pourrait te conduire au Paradis, tout
là-haut...
Cette vie est
trop longue pour qu'on la traverse seul -
On a tous besoin d'un pote et
d'une maison.
Tu dois faire
au mieux, comme ton coeur le ressent - C'est la seule façon de mettre la main sur
un rayon de lumière.
A chacun de s'arranger avec
ça...
'Simple Truth', de Matt Smith,
septième titre de l'album Free Beer & Chicken,
paru en 2002 chez
Dixiefrog.