Accueil Date de création : 06/02/08 Dernière mise à jour : 02/07/09 16:44 / 192 articles publiés
 

Et s'il doit n'en rester qu'un autour de Randy Thompson, je serai celui-là.  (Ready for Country) posté le jeudi 02 juillet 2009 16:44

 

Ce morceau fait le grand écart entre les cordes celtiques du violoniste Ricky Sipkins, et les grattons américains des Thompson père et fils. Le gamin s'appelle Colin, il a seize ans. Il joue comme un rocker. Son papa Randy est inclassable, même si la trame de son oeuvre est tissée dans la country music traditionnelle, genre autobio bien rudoyante.

Pourquoi sortir ce titre de la grange, cet après-midi justement ? Plus personne n'écoute des choses pareilles au début du XXIème siècle...

Mais parce que j'adore Randy Thompson, comme la plupart des artistes de l'ombre qui ont des idées à revendre.

Parce qu'il fait si lourd sur ma plaine à batailles aujourd'hui...

Parce que les vacances ne vont pas tarder à écorner mon calendrier estival.

Parce que les trains ne sont pas toujours sur les bons rails.

Parce que l'Amérique, tout bêtement.

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Simples évidences.  (Blues & Soul qui tuent) posté le lundi 29 juin 2009 21:34


 

 

Matt Smith a sorti la guitare en fer. Il joue seul, comme autrefois dans le Vieux Sud. On peut l'imaginer sous un arbre tordu, forcément quand la nuit tombe. Le bottleneck glisse sur les cordes, en chuintant. Le morceau est d'une évidence primale. Ce qu'il dit tombe à pic, on ne peut pratiquement pas aller contre. La vue d'ensemble prend les contours d'une existence juste dans l'axe. On aimerait tous faire ce qu'il chante là. On pense même que c'est trop fastoche, ben oui... 'Simple Truths'. Sauf que des fois, à bien y regarder...

Après, il y a les positions de détails. Matt a la désagréable tendance à faire vibrer le micro au plus mauvais moment. Il achaille la fin des mots dans son americain de la Côte Est, façon garçon de café. Je vois assez distinctement la direction générale, les lieux intimes qu'il pointe du médiator. Pour le grain final, je me suis tourné vers mes princesses et mon guide des anglo-saxonneries. Sabine, Julie, Marie-Hélène et Laurent ont prêté leur oreille aux devisettes du troubadour new-yorkais, sans être toujours d'accord sur la dernière rondelle avant la virgule. Qu'importe, je les remercie de tout coeur. Je ferai mon potage de leurs judiceux conseils...

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   Au dessus des Vosges, un soir dans la vie, comme ça. (collec. perso)  

Ne prends pas plus que tu ne peux offrir  -  Matt met Dieu dans le coup, il assure qu'Il nous l'a dit.

Ne te détourne jamais de ton meilleur ami  -  C'est le seul qui restera peut-être avec toi, à la fin.

Ne sois pas trop fier de tomber amoureux  -  Oui, cela pourrait te conduire au Paradis, tout là-haut...

Cette vie est trop longue pour qu'on la traverse seul  -  On a tous besoin d'un pote et d'une maison.

Tu dois faire au mieux, comme ton coeur le ressent  -  C'est la seule façon de mettre la main sur un rayon de lumière.

A chacun de s'arranger avec ça...

'Simple Truth', de Matt Smith, septième titre de l'album  Free Beer & Chicken, paru en 2002 chez Dixiefrog.

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La chasse au Marcel sauvage.  (Just before taking off) posté le dimanche 28 juin 2009 16:55


 

Chasser le Marcel sauvage ne s'improvise pas. Il faut de longues années de formation pour atteindre son nid sans prendre trop de risques. D'ailleurs, le mode d'approche est plus une affaire d'héritage pratique que d'enseignement à proprement parler. Chaque famille a sa technique pour déloger le chef d'une bourrichée. Chez nous, depuis toujours, on appâte en langue allemande, à grand renfort de mignonnettes et de friandises à la mûre. Evidemment, même ainsi équipés, nous n'avons jamais la garantie de lever un specimen de garde, loin s'en faut...

En y réfléchissant, je crois que ce cliché est unique. Car le Marcel sauvage a tendance à prendre feu dès qu'il se sent photographié, surtout s'il est contrarié dans un désir de rire. A la ville comme en forêt, il a la capacité inhumaine  de s'esclaffer de tout. Il peut alors démousser un siège complet d'automobile pour recouvrer sa respiration. C'est un excellent moment pour tenter de le neutraliser. Une fois qu'il a entendu s'entrechoquer quelques bouteilles de cervoise, il est capable du meilleur. De façon générale, son humeur est égale. Attraper un Marcel sauvage vous assure cinquante ans de bonheur. Si, c'est écrit dans la brochure publicitaire, dès notre venue au monde. Il existe bien des Marcelounets de circonstances, viles contrefaçons affadies, mais ils sont globules négligeables au regard de l'exemplaire original.

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Ce jour-là, nous avions attaqué la battue sur 'Willst Du Dabei Sein ?', la version remixée par Maxim, Jaqee & Chozparei. J'étais de faction à la croisée des pelouses, chez Lulu de Pulois. L'herbe était presque brûlée : le signe d'un passage récent du grand mâle... Rascal  et moi avions lancé des dizaines de canettes sur la pâture. Lolo attendait à couvert, sous les noisetiers nains, arrimé à sa carabine à la con. Elle ne fonctionnait qu'aux fraises Tagada  glacées. En fait, je crois que le Monument est tombé dans le piège de la sucette aux fruits rouges. Un accord de guitare, deux coups de feu, puis l'histoire de Paulo et Sam, ont eu tôt fait de lancer le Marcel sauvage dans les mailles de notre filet. Le voilà à terre, couvert de sucre en poudre, hoquetant de rire. On ne l'a plus jamais relâché.

Je sais qu'il se trouvera ici quelques visiteurs heureux de revisionner cette capture. Ils ont cotoyé, depuis ce jour, notre incroyable Marcel, teinté de verve et d'humour multicolore. Resté sauvage comme au sortir de l'enfance. Devenu professeur Tutucello de biérologie, respecté par ses pairs, sorte de concentré d'humanité en une âme fougueuse et belle. Ah !... Savoir que nous aurions désormais une balise à l'horizon, un fanal, un guide dans le noir... Ce fut notre Grand Soir à nous, notre victoire, notre révolution.

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"L'être vivant est un lieu de passage" (Henri Bergson).  (Mes pauvres photos...) posté le samedi 27 juin 2009 23:06


   

 

'Longshot', une composition de John Fogerty, dernier morceau de l'album Revival (2007). D'ailleurs, quelle drôle d'idée de lire Bergson ce soir, en écoutant le rock'n'roll élémentaire de John Fogerty...

Des gens descendent. C'est une envie comme une autre. Puis on est parfois obligé d'aller voir en dessous. Chercher une bouteille à la cave, un bocal de prunes au sirop, quatre patates pour la soupe. Je n'aime pas non plus descendre trop bas. Il y fait froid et peur. On a mal d'être au fond, mais quoi faire ensuite, si ce n'est remonter ? Là-haut scintille notre étoile. Il fera bon et doux demain.

Il y a ceux qui montent. Ou qui remontent. Les sourires s'affichent sur l'escalator. On voit tout de suite plus clair, les bonshommes sont minuscules, aperçus depuis la dernière marche. Certains croient même qu'il en reste toujours une, au dessus, taillée pile pour leur bottine. Je n'aime pas non plus monter trop loin. Manque d'oxygène, la voix s'égare dans l'ozone, on croise des gros avions blancs et des nuages gris. Oui, la vue est belle, mais le danger est partout. Tomber si bas, quand tu es monté si haut...

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Descendre, monter, ne plus bouger, dans la galerie de la Trump Tower (New-York - collec. perso)

Le confort, c'est être assis à la table ronde ou carrée, au rez-de-chaussée. Tu peux regarder la vie couler, comme l'eau du torrent. Autour de la chope de bière, les heures sont plus maigres qu'ailleurs. Les vies s'affolent entre ton regard et leurs occupations. Au bout d'un moment, on en a marre d'avoir cessé de bouger. On remonte sur l'escalator, en route pour l'étage d'une petite ambition. Mesquine, c'est encore mieux.  On redescendra demain matin, quand un mauvais pli aura froissé une amitié vieille de trente ans. Alors tu te poseras un peu, l'espace d'une moussette à la cafétéria, avant de te jeter sur le prochain colimaçon.

Monter.

se poser.

descendre.

Recommencer.

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Hou !... Dehors !... Rentre chez ta mère !...  (Non, j'y crois pas !) posté le samedi 20 juin 2009 10:39

Témoignage unique, le seul existant d'ailleurs, daté de trois hivers en arrière, retrouvé par hasard au fond des circuits. La veille de la Fête de la Musique, il aurait pas fallu. Je m'en veux déjà. Pas fallu...

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