"Fizzy", une composition originale de Rachelle Plas sur
son premier album, PROFILE, qui vient de sortir
officiellement le 30 mars dernier.
La
nuit dernière, mon petit paradis logeait en l’Utopia, ce
fameux bar à concerts du 14ème arrondissement de Paris.
La vedette du jour s’appelait Rachelle Plas, appuyée par une
guitare, une basse et une batterie de niveau international. Si vous
n’avez pas encore entendu parler de cette jeune chanteuse et
harmoniciste hors concours, pas d’inquiétude, car le temps
approche où la Terre entière saura ce que son art veut dire :
une virtuosité solaire, de l’énergie brute, de
l’émotion à fleur de notes, une simplicité et une gentillesse
qui restent la marque des êtres d’exception.
Ah
oui, j'allais oublier : Rachelle n'a pas encore 20
ans...

J'ai
peiné à capturer son regard, elle bouge constamment
!...
Travelling
arrière. C’est évidemment Ralphy qui nous a lancés sur la
piste de cette perle rare, il y a plusieurs années déjà. J’ai
immédiatement entamé des recherches, mais internet a brouillé mon
jeu. En tapant « Rachelle Plas » dans les
moteurs fouineurs, je tombais sur des sites affiliés à la
Fédération de Judo qui mentionnait une championne de France et
vice-championne du monde, en catégorie Juniors. Puis la référence
suivante me dirigeait sur des vidéos dans lesquelles une petite
nana torturait son harmonica devant un public esbaudi par ce
soul-beat hallucinant de maîtrise technique !... J’ai
vite compris qu’il s’agissait de la même
personne : cette fille est une championne et une musicienne de
niveau planétaire. Ben ouais, va falloir s’y
faire...

The
Rachelle Plas Band à l'Utopia, hier soir.
Hier,
en arrivant à l’Utopia, je gardais inconsciemment dans un
coin de ma tête la longue interview qu’elle m’avait
accordée pour BluesAgain au début de l’année 2009. A
l’époque, notre échange m’avait amené à titrer
l’article « Comme de la dynamite en robe de
soirée ». Eh beh ça vaut encore pour aujourd’hui,
j’affirme même que ça vaut un peu plus chaque minute qui
passe… D’entrée de set, Rachelle souffle telle une
furie dans son Hohner, et la salle est renversée. Antoine Dijol
arrache des cris sanguins à sa Telecaster vert d’eau, et la
rythmique basse-fûts concasse les abords de la route pour assurer
le bonheur du peuple. Tout y passe, le blues alangui comme à
Chicago, la soul épaisse du Vieux Sud, la quasi-ballade nocturne au
bord du Mississippi, les bases du rock’n’roll style
boîtes upperground de Memphis, soutenus toujours par une voix
chaude, profonde, qui n’hésite pas à convoler vers les
intonations gutturales des grandes chanteuses afro-américaines. Le
style est diantrement moderne, avec du caractère, du mélange
détonant, des sonorités nouvelles et de la grinta comme
rarement !

Le souffle, la musique, la grande classe.
Puis
Rachelle Plas, c’est l’harmonica qui coule dans ses
veines. Elle ne joue pas de l’instrument, elle est
l’instrument. On dirait comme une seconde voix, reliée en
ligne directe à son âme, à ses rêves, à son plaisir de partager
l’instant. On ne parle presque plus de talent
lorsqu’est atteint un tel niveau. Je penche plutôt pour
l’instinct suprême. Le conseil est unanime : foncez
écouter Rachelle dès qu’elle est annoncée sur une scène
proche de chez vous. Sans déconner, vous ne respirerez plus jamais
de la même façon après cette expérience unique. Oui, tout devient
plus léger, plus frais, plus simple
qu’avant…
Le premier album et le site internet de Rachelle
:

http://www.rachelleplas.com