Direct from USA, ma petite Leah Andreone a enregistré "Imagine You" en 1996 sur son album Veiled. Cela devrait aller pour accompagner cet extrait de la page 41. Ah oui, à ce moment du truc, on est en avril 1955. Et pour répondre à l'une de vos questions, mon retour est programmé pour le mois de mai ou juin. D'ici là, éclatez-vous, les amis, profitez ! Je vous souhaite une merveilleuse fin d'hiver et un printemps d'enfer !...
(...) Il quitta le bitume pour attaquer une piste complètement défoncée. La Mercury patinait sur les dernières plaques de verglas de la nuit. L’eau sourdait du ventre de la roche, comme une éponge qu’on tord à l’envi. Au sommet du versant opposé, trois véhicules roulaient déjà plein pot sur un chemin en bien meilleur état que le sien. Il les insulta gentiment. Ses concurrents faisaient fausse route.
Western sky (collec. perso)
Au fur et à mesure qu’il s’éloignait du monde connu, il sentait que le paysage prenait de l’assurance. Vérification rapide à la boussole, au coin du tableau de bord. Il laissa sa voiture filer sur la pierraille, la trace des chariots s’avérant illisible. L’air devenait plus vif avec l’altitude. Par moments, les roues de la Sportsman ne touchaient plus le sol, et il se mettait à glousser de joie, sans réfléchir. Les pionniers avaient dû agir ainsi devant les étincelles de la sauvagerie.
Western plate (collec. perso)
L’ascension lui sembla interminable. Arrivé sous un amas rocheux aux ombres drues, il coupa le moteur. La carte n’autorisait aucun doute : c’était là. Il descendit le compteur Geiger du coffre et contempla le désert. La violence du choc faillit le mettre à terre. Devant lui, les collines dénudées guerroyaient sans fin, les unes contre les autres, lacérées seulement d’écharpes jaunes et vertes, couches plus anciennes, fantaisistes, émincées d’uranium ou d’or fin. Des langues de neige étouffaient les sons, tandis que le bleu du ciel l’écrasait, filament d’humain broyé sous la mitraille.
Western night (collec. perso)
Jamais la nature ne l’avait autant malmené. Il n’était plus qu’un grain de rien qui respirait bruyamment, la peur au ventre, devant tant de puissance étalée au grand jour. En même temps, il se sentait fort. Fort comme un escadron d’élite. Persuadé de pouvoir ébrécher la montagne à main nue, la débarrasser enfin de ses secrets millénaires.
Promis, il ferait plier l’Utah. (...)











